2018/2019

En 2019, 13 structures théâtrales ont mis en place le dispositif au cours de cette saison et 17 artistes sont intervenu.e.s auprès de 34 groupes, en France métropolitaine et en Guadeloupe, ainsi qu’en Suisse et au Luxembourg. 

Le Tarmac (Paris, 20ème)
Mathias Ben Tahar, 1 famille, en décembre 2018

Le mot de la famille : « Merci beaucoup de nous avoir donné l’occasion de participer à cette belle expérience, elle fut : curatrice (à de nombreux aspects) ; fédératrice (notre famille s’est rassemblée sur un projet commun, ce qui est exceptionnel aux deux sens du terme) ; créatrice (un de nos enfants n’aimait pas le théâtre et cette expérience l’a fait évoluer sur le sujet). Par ailleurs nous avons trouvé en Mathias un intervenant totalement engagé et réussissant à nous intégrer en maîtrisant un mélange subtil de proximité et de direction. Un grand merci à lui ! Un beau moment de partage pour la fin de l’année ! »

La famille a également été invitée par l’Association Les Scènes Appartagées au Festival d’Avignon en 2019.

Lansman Editeur – Emile&Cie (Esch-sur-Alzette, Luxembourg) 
Luc Tartar, formation sur le théâtre pour adolescents, février 2019 

Luc Tartar a présenté l’association Les Scènes Appartagées et a organisé la lecture de KO de Béatrice Bienville (Edition Drameducation), texte sélectionné par notre comité de lecture, au cours d’une formation sur le théâtre pour adolescents coordonnée par Lansman Editeur – Emile&Cie, au Théâtre de la ville d’Esch-sur-Alzette, au Luxembourg.

La compagnie Issue de Secours / le Théâtre de la Ferme Godier (Villepinte) 
Martin Bellemare et Sonia Ristic, 2 famille, mars et novembre 2019

Pour la première année, la compagnie Issue de Secours et le Théâtre de la Ferme Godier ont mis en place le dispositif auprès de deux familles avec Martin Bellemare et Sonia Ristic à Villepinte. 

Retour écrit de Sonia Ristic : « Il y a quelque chose de très émouvant dans le dispositif « Lire et dire du théâtre en famille ». Dans le fait de venir chez les gens, de les cueillir presque au réveil le week-end ou en début de soirée après une journée de travail. Dans la confiance dont les familles font preuve en ouvrant leur chez soi à des étrangères d’abord, puis en se lançant dans un exercice inhabituel pour eux. Quelque chose d’une grande intimité s’installe presque immédiatement et on est émue d’être une témoin privilégiée de ce qui va se donner à voir des dynamiques familiales à travers ces moments de lectures et de discussions. J’ai été particulièrement touchée de voir les corps et les traits se détendre au fil des moments successifs, le plaisir du jeu prend petit à petit toute la place. D’observer comment, sur un coin de table, entre les miettes de croissants et les tasses de café, parce qu’il y avait le plaisir du jeu, soudain, les mots se décollaient de la page et le théâtre était là. Cette expérience fait partie des moments qui me rappellent toujours à nouveau pourquoi j’ai choisi de faire ça, écrire. »

Le Théâtre Paul Éluard (Choisy-le-Roi) 
Elizabeth Gonçalves, 4 familles, entre mars et juillet 2019

Pour la troisième année consécutive, le Théâtre Paul Eluard développe, à partir de notre dispositif, son projet intitulé « Le jeu des 7 familles ». Ce projet de lecture et d’écriture d’une pièce multilingue s’adresse à 4 familles allophones de Choisy-le-Roi. Il s’est achevé par un séjour de 4 jours au cœur du Festival International de théâtre d’Avignon. Le premier rendez-vous a pour but de faire connaissance et de lire ensemble la pièce de théâtre « C’est toi qui dis, c’est toi qui l’es » de Yves Lebeau.

Les ateliers d’écriture menés par Elisabeth Gonçalves se déroulent au domicile des familles, afin d’écrire ensemble la suite de la pièce de Yves Lebeau. Une fois toutes les parties écrites, les familles et Elisabeth se retrouvent pour 4 rendez-vous au théâtre, afin de mettre en forme la lecture publique de leur texte, qu’ils ont intitulé « Dans les rues de mes rêves ». La restitution s’est tenue dans le cadre du 1er juin des écritures théâtrales jeunesse. Ce moment était vraiment à l’image du travail d’écriture. Tous les participants étaient présents de bout en bout sur la scène, accompagnés par Elisabeth, qui les guidait dans une sorte de répétition libre et ouverte, à la façon d’un travail en cours, qu’elle expliquait au fur et à mesure au public. Cette restitution a montré la belle solidarité qui régnait au sein du groupe et l’envie de chacun de s’investir jusqu’au bout. Pour cette occasion, une exposition photo retraçant les ateliers d’écriture au domicile des familles a été accrochée dans le café. Les participants ont découvert cette exposition au moment du pot, organisé après la restitution. Ils étaient très émus et fiers, se prenaient en photo devant « leur » cadre et le commentaient avec les amis, la famille et/ou les voisins présents à cet événement.

Les familles se sont vues remettre un exemplaire du livre qu’elles ont écrit : « Dans les rues de mes rêves ». Encore une fois, ce projet et particulièrement le séjour à Avignon ont su créer des liens très forts entre les familles et des souvenirs qui les accompagneront longtemps.

Le Festival Petits et Grands (Nantes) 
Sabine Revillet et Camille Blouet, 3 familles, mars 2019

L’expérience de Sabine Revillet : “La première famille a choisi de lire Les vilains petits de Catherine Verlaguet. Les filles ont, tout de suite, été séduites par le texte car il y avait la possibilité, pour chaque membre de la famille, de travailler un personnage. Tous les quatre se sont engagés dans l’aventure à cent pour cent. C’est le père qui les a inscrits à ce projet au départ. Dès le deuxième rendez-vous, surprise ! Celui-ci, avait imprimé une cinquantaine de feuilles A4 qui, mises bout à bout, reconstituaient une cour d’école. Ils m’ont proposé un décor représentant une classe avec un tableau et des petites chaises, et ont ressorti, pour l’occasion, leur sapin de Noël. Ils ont même préparé une bande sonore. »

Pour la seconde famille, lors de la séance finale, les parents ont été surpris par leurs enfants et ont été fiers de ce qu’ils avaient accompli. Retour de la famille : “Nous avons aimé travailler le texte d’un auteur contemporain, et nous avons trouvé que la pièce était riche et comportait plusieurs niveaux de lecture. Nous avons apprécié que ce soit un sujet d’actualité et que celui-ci soit traité de façon drôle et fantastique. Cette aventure a énergisé tout le monde.” La maman a souligné la joie d’apporter un moment de culture à la maison et précise qu’ils ont continué de dire des répliques du texte après la présentation…

Camille Blouet est intervenue dans une famille composée d’un couple et de 3 enfants qui ont lu L’imparfait d’Olivier Balazuc. La lecture appartagée s’est déroulée devant un public enthousiaste d’une quinzaine d’invités, pour la très grande majorité comédiens-amateurs et/ou animateurs socio-culturels. La famille a fait le choix de jouer la pièce autant que possible et avec une petite mise en espace, la lecture fut vive et animée !

Le Théâtre de la Tête Noire (Saran)
Fabien Arca, Penda Diouf, Sabine Tamisier, 6 familles, entre mars et avril 2019

Pour la première fois, le Théâtre de la Tête Noire à Saran met en œuvre le dispositif Lire et dire le théâtre en famille(s) avec six familles, l’auteur Fabien Arca, les autrices Penda Diouf et Sabine Tamisier. La structure a également organisé “le Brunch des familles”. Un documentaire vidéo a été réalisé par le cinéaste Thierry Thibaudeau, il a été projeté au Théâtre en novembre 2019 ainsi qu’en 2020 lors de la journée de transmission du dispositif à la Maison du Geste et de l’Image à Paris. 

Retour écrit de l’auteur, Fabien Arca : “Deux très belles expériences au sein des deux familles, et finalement deux expériences très différentes.  Évidemment j’ai été profondément touché par l’engagement de la famille de Julie autour de leur fille handicapée, et pour la famille de Gwénaëlle, ce fut un moment de partage et de convivialité intense. C’est un moment que j’ai apprécié pour sa très grande simplicité. On se rencontre autour de la lecture. On s’écoute. C’est un moment qui m’a permis de rencontrer des familles que je n’aurais certainement jamais croisées et cela dans un contexte singulier puisque j’étais au cœur de leur intimité. C’est une expérience. Pas seulement pour moi, en tant qu’auteur, mais aussi pour la famille qui nous accueille et qui très certainement vit un moment unique puisqu’elle se retrouve pour la première fois à lire ensemble un texte…” 

Le Centre culturel André Malraux (Hazebrouck) 
Philippe Dorin, Séverine Magois, Florence Bisiaux et Mike Kenny, 4 familles, avril 2019

Retour écrit de l’auteur Philippe DORIN : “J’ai été assez directif dans ma façon de procéder, dans le choix des textes, le montage des scènes et la répartition des rôles, parce que je ne voulais pas qu’on perde trop de temps à le faire ensemble, et parce que je pensais que, paradoxalement, les lecteurs seraient plus libres dans l’interprétation de rôles qu’ils n’auraient pas choisis eux-mêmes. Et oui, ça a plutôt soulagé tout le monde ! On y est allé vite ! Même les plus petits sautaient de réplique en réplique comme des cabris. Au travers de cette courte expérience, j’espère avoir pu témoigner du fait que le théâtre n’est rien d’autre que ce qu’on y met de sa propre vie, que les personnages ne sont rien d’autres que les gens qui les incarnent, qu’on soit comédien, comédienne confirmés ou acteur, actrice de circonstance. Et c’est cet instant de sincérité et de générosité qui fait traverser le miroir au public, sous les dorures d’une vaste salle de théâtre comme dans le confinement d’un petit salon familial.

Le dispositif Lire et Dire le théâtre en famille(s), avec la comédienne Florence Bisiaux sur des textes de Mike Kenny, a été adapté en cours de projet car il n’était pas possible pour les familles d’accueillir des inconnus chez eux. Le projet a donc été mené dans le centre social du quartier, un vrai lieu de rencontre et d’échanges pour les familles. 

Le Brunch des familles au Théâtre de la Tête Noire (Saran) avec le Centre culturel André Malraux (Hazebrouck) 
Fabien Arca, Penda Diouf et Sabine Tamisier, mai 2019

Les familles venant d’Hazebrouck et de Paris rejoignent le Théâtre de la Tête Noire à Saran le samedi 4 mai. Elles ont assisté au spectacle Les habits neufs de l’empereur à 17h et le dimanche 5 mai, les familles ayant participé au dispositif à Saran ont rejoint les familles venues d’Hazebrouck et de Paris afin de participer à des lectures appartagées.

Sabine Tamisier sur le Brunch des Familles : « Le 5 mai 2019, le brunch des familles au Théâtre de la Tête Noire. Les familles de Saran, d’Hazebrouck, de Paris, Sandrine Grataloup, l’équipe de la Tête Noire, Thierry le vidéaste et nous les trois auteurs (Penda Diouf, Fabien Arca et moi-même), sommes réunis pour un grand festin concocté par chacun d’eux, mais aussi pour le banquet des lectures à partager. Chacun va montrer aux autres un bout de ce qu’il a préparé, sur une vraie scène, avec des éclairages ! Superbe moment, plein de fragilité et de forces à la fois. Voir ces corps, ces voix, ce mélange de générations se tenir debout sur le plateau, avec leur aisance et/ou leurs difficultés pour nous raconter des histoires, c’est magique, et ça donne encore plus de sens à cet acte autour duquel nous, auteurs, avons construit nos vies : Écrire. »

Discours de Véronique Chertier, éducatrice spécialisée et responsable du service Vie Sociale à la Direction de l’Action Sociale de la Ville de Saran qui a mené la mise en place du dispositif avec le Théâtre de la Tête Noire : “ Des auteurs, des adultes, des enfants, un réalisateur… Une famille qui se construit à travers la rencontre, les mots, l’histoire contée collégialement. Des instants inattendus, des artistes proches des gens, de belles histoires à partager et la magie s’opère. De ces rendez-vous, une chaleur humaine se dégage, l’émotion est palpable… C’est leur vie qui défile dans leurs regards, leurs rires et la lecture des contes et récits. Le Théâtre de la Tête Noire, cette antre où l’artiste est présent dans les moindres recoins, ses livres, son ambiance feutrée, nous sommes le Dimanche 4 mai 2019 : les familles ont investi les lieux, partagent un moment convivial et heureux autour d’un pique-nique, puis prennent possession de la scène… nous les regardons et avons le sentiment qu’ils sont chez eux. Le théâtre a ouvert ses portes, simplement, quelque soit le vécu, l’éducation, l’origine, chacun a trouvé sa place. Des instants inoubliables qui rendent GRANDS et FIERS. Le théâtre, et vous, avez cette vertu de les rendre uniques, beaux, vrais et si dignes.

Le Théâtre Massalia (Marseille) 
Luc Tartar, 3 familles, mai 2019

Retour du Théâtre Massalia : “Quelques larmes, beaucoup d’émotion, de réussite et surtout une très belle rencontre entre l’auteur Luc Tartar et les familles. Au-delà des témoignages, l’émotion est palpable et difficilement descriptible, enfin il faut le vivre pour le croire… L’expérience est également très concluante avec une autre famille qui a apprécié se rassembler autour d’une activité commune et d’un même texte. Au-delà du partage avec des ami.es, il est intéressant de lire et discuter écologie tous ensemble. Prendre le temps dans le feu du quotidien familial est aussi appréciable.

Le Forum Culture (Suisse) 
Penda Diouf et Jérôme Fauvel, 3 familles et 3 groupes, mai 2019

Le concept des Scènes Appartagées a été importé par Camille Rebetez sur le territoire du fOrum en 2019. La version proposée a permis à trois familles et trois milieux de jouer avec des textes contemporains grâce à l’intervention de l’autrice Penda Diouf et du comédien Jérôme Fauvel. Une famille monoparentale, une famille d’accueil, une famille dans un milieu agricole, une école, une maison de retraite ont été partenaires de ce projet. Les propositions ont été accueillies avec beaucoup d’énergie et d’enthousiasme malgré différents écueils tels qu’une participation parfois aléatoire dans certains milieux ou les barrières de la langue. “ Faire entrer l’écriture contemporaine, drôle et accessible, dans les milieux et les familles ; les faire goûter à la culture et aux arts vivants, leur donner pourquoi pas envie d’y retourner : telle est peut-être la grande force de ce projet des Scènes Appartagées comme acte de médiation culturelle.

Retour de Jérome Fauvel : “La famille a lu “Un chien dans la tête” de Stéphane Jaubertie, grande famille très motivée, beaucoup d’invités dans leur salon, super moment de partage. Les résidents de la maison de retraite ont choisi Le petit chaperon rouge de Joël Pommerat. La lecture n’a pas été simple, de très beaux moments tout de même, le personnel a été très touché de voir leurs pensionnaires sortir de leur zone de confort et s’amuser à jouer ! La famille d’accueil a lu “Hubert, mon faux philodendron” de Luc Tartar. C’était vraiment super, les enfants ont tous des âges et des origines différents, ils ont beaucoup travaillé sans moi, ils ont inclus des chansons à la guitare en plus, ils m’ont beaucoup touché…

Retour de Penda Diouf : “Expérience car le cadre stricto sensu de la famille était bien plus large. Le dispositif peut vraiment être élargi à des groupes. Je suis intervenue auprès de jeunes réfugiés syriens, afghans et erythréens dans une école d’apprentissage du français. (…) Au vu du niveau de français et de compréhension, ils ont choisi Après grand c’est comment, de Claudine Galéa. La lecture s’est faite devant les autres étudiants de l’école. Je crois que tout le monde était content. Enfin, je suis intervenue dans un lieu d’accueil pour personnes fragiles économiquement et psychologiquement. On y sert des repas et différentes activités sont organisées. Le nombre des participant.e.s a varié entre 6 et 9 en fonction des séances. Les suffrages sont allés à Alice pour le moment de Sylvain Levey et la lecture était vraiment très belle. Il y avait une sacrée énergie et je pense que tout le monde a apprécié. La représentation s’est déroulée devant d’autres habitués du lieu.”   

Les Scènes Appartagées au Festival d’Avignon 
Béatrice Bienville, 5 familles, juillet 2019

A découvrir dans cette rubrique

La Saison Jeune Public (Nanterre) 
Émilie Le Roux, 1 famille, novembre 2019 

Pour la première année, la Saison Jeune Public de Nanterre met en œuvre sur son territoire le dispositif Lire et Dire le Théâtre en Famille(s), en partenariat avec la mission handicap. Pour la saison 2019/2020, la Saison invite la metteuse en scène Émilie Le Roux pour mener cette aventure théâtrale et familiale. Dès le mois de novembre, elle est intervenue dans une première famille composée de 2 enfants.

Le CEPONG, Centre d’étude polyvalent, ONG (Pointe-à-Pitre, Guadeloupe) 
Luc Tartar, 2 familles, novembre 2019    

Du 9 au 16 novembre, Luc Tartar s’est rendu en Guadeloupe, auprès du CEPONG (Centre d’Etude Polyvalent ONG) de Pointe-à-Pitre, afin de transmettre le dispositif Lire et dire le théâtre en famille(s) auprès des autrices et des auteurs de Guadeloupe. Une formation a été organisée dans les locaux du CEPONG, puis des lectures ont été préparées avec deux familles volontaires. Les différentes étapes du dispositif ont ainsi été observées de près par les participant.es à la formation. Il est aussi intervenu auprès de deux familles en Guadeloupe. D’après le CEPONG, le dispositif Lire et Dire permet de développer le goût de la lecture, tisser des liens familiaux, prendre du plaisir à faire ensemble, renforcer l’acquisition de la lecture, avoir une meilleure image de soi, et développer sa confiance en soi.

Le Relais culturel de Haguenau (Alsace)
Thierry Simon et Sylvie Bazin, 1 famille, décembre 2019